dimanche 28 janvier 2007

Comment écrire comme Ivan - 1

Lorsque l'on parle d'exposition des idées, il fait parti des lieux communs respectés de savoir qu'un texte compliqué n'est pas révélateur d'une pensée complexe mais seulement d'un problème d'expression. La recherche actuelle précise par contre que le phénomène de complication porte un nom : le complisme, le fait de compliquer les choses simples. Il ne faut cependant pas tomber dans l'excès inverse, des paroles simples ne sont pas non plus plus ou moins révélatrice d'une pensée profonde et quelque soit la qualité de la pensée, on peut nommer la parole simple : un simplisme.

Concernant notre sujet d'étude, les choses ne sont pas compliqué. Pour être précis : « C'est tout simple. » (I. Rioufol, 20/10/2006)

Pour rester fidèle à cette doctrine, nous resterons nous-même simple et nous entamerons par une contribution sur la signature stylistique des chroniques hebdomadaires d'Ivan Rioufol. Pour reconnaître une de ses chroniques dans un blind test dans une soirée un peu trash, c'est tout simple. Regarder simplement les dernières lignes. Une phrase putassière en guise de titre et une ou deux phrases en guise de contenu et vous avez à la perfection symbolique l'aboutissement de la jouissance textuelle et littérale de l'activité journalistique de l'auteur. Mais surtout, ce qui fait le charme de ce ce style, c'est le rythme haletant, presque digne d'un marcheur olympique. On sent là toute l'envie d'aller encore plus, de mettre encore moins de mots et d'aller à la quintescence du déplacement verbal. C'est trop d'émotions pour un seul homme que de pouvoir écrire avec autant de plaisir.

À titre d'exemple, en voici une qui nous semble particulièrement représentative :

Esprit de capitulation

Troisième anniversaire de l'invasion de l'Irak. Flot attendu de commentaires contre George Bush et les Américains. Toujours ce choix de ne pas vouloir affronter le totalitarisme islamiste, qui terrorise d'abord les populations musulmanes. Toujours ce même esprit de capitulation.



I. Rioufol, 24/03/2006


Savoir reconnaître est une chose mais savoir reproduire est le début de la civilisation. Comme on le dit depuis longtemps : Quand un homme a faim, mieux vaut lui apprendre à pêcher que de lui donner un poisson. Le rapport remis par le laboratoire en Recherche En Anomalies Congénitales (REAC) montre qu'encore une fois, c'est tout simple. Il existe évidemment des manières complexes et raffinées mais autant donné directement la méthode simpliste : arrêtez de faire caca pendant deux semaines et n'oubliez pas de taper nu-pieds avec vos doigts de pieds dans des coins de tables 2 à 3 fois par jour.

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